La Commune Honorée par le 1er Prix Départemental de l’Initiative Mémorielle 2022

20/04/2022
La Commune Honorée par le 1er Prix Départemental de l’Initiative Mémorielle 2022

La Commune de Saint-Georges-de-Mons

1er Prix Départemental de l’Initiative Mémorielle 2022

pour avoir créée une commémoration en hommage aux hommes et femmes de combat ayant participé à la Libération des 114 prisonniers de la Maison d’Arrêt de Riom le 13 Aout 1944

En décembre 2020, le nouveau Maire de la Commune Saint-Georges-de-Mons, Julien Perrin, a rappelé son attachement au devoir de mémoire en évoquant un projet de création d’une commémoration pour rappeler l’épisode héroïque des résistants du 13 aout 1944 qui ont libéré 114 prisonniers de la Maison d’Arrêt de Riom.

Une commémoration existe déjà sur la commune de Riom prévue le premier samedi de septembre, alors pourquoi en crée une également à Saint-Georges-de-Mons ?

C'est à Saint-Georges-de-Mons que Jean Bac, chef FTPF, a décidé le 9 août 1944 de cette opération de libération des prisonniers de la maison d'arrêt de Riom, dans l'arrière-boutique d'une épicerie détenue par Yvonne Bourdarot, une véritable résistante de l'ombre.

(Légende : Philippe, Archimbaud et Jean Bac dans l'arrière-boutique d'Yvonne Bourdarot à St Georges de Mons le 9 Aout 1944- Décision prise et Echanges sur le plan de libération des prisonniers de Riom St Georges de Mons)

Philippe Henri Saby-Viricel, responsable du Front national, vient à Saint-Georges de Mons (Puy-de-Dôme) dans l’arrière-boutique d’Yvonne Bourdarot, rencontrer Jean Bac et Archimbaud, commissaire aux opérations de la 1103 éme compagnie FTP, le 9 août 1944 en fin de journée.

Il vient à la place du responsable du service B, service de renseignement, bloqué dans un quartier de la gare de Clermont-Ferrand, par les SS et la Milice. C’est lui qui informe Bac que le 13 août les Allemands devaient s’emparer de 114 patriotes dont 30 condamnés à mort, détenus à la prison de Riom.

Philippe déclare donc que les FTP doivent essayer de sauver ces prisonniers. Il fournit les plans de la prison et quelques renseignements concernant sa surveillance. Bac lui donne immédiatement son accord pour organiser l’opération et Philippe peut repartir en vélo à Clermont en informer la direction régionale. Dès le soir même, Bac arrête avec Archimbaud les premiers détails de l’opération qui doit intervenir à partir du 13 août à 2 heures du matin. Il part dès le lendemain superviser les lieux et rassembler des éléments sur les heures de relève des gardes, fournis par le service de renseignements. Il comprend tout de suite que rien ne peut être tenté par la force et qu’il faut intervenir avant l’arrivée des Allemands à 5h30 du matin. Il décide alors qu’une partie du commando porterait un uniforme allemand tandis que lui serait en civil.

Jean Bac connaissait l’état d’esprit des prisonniers et savait que pour gagner leur confiance il fallait qu’un membre du commando, en l’occurrence le fils d’une femme arrêtée, puisse avoir la confiance absolue d’un de ces prisonniers. Les hommes manquant d’armes, Bac sollicita l’aide du Corps francs de Pognat (Puy-de-Dôme). Ceux-ci refusèrent de prêter des armes mais acceptèrent de fournir des hommes pour l’opération mais refusèrent les plans proposés par les FTP, décidant seuls de la position de leurs hommes.

Dimanche 13 août 1944, à 2 h 15, tous les FTPF désignés pour l'opération étaient rassemblés au cimetière de Saint-Georges-de-Mons. 77 hommes, deux cars, deux camions et une traction, armés de trois fusils-mitrailleurs, 54 mousquetons ou fusils Lebel, dix mitraillettes, 30 grenades, 20 revolvers prirent le chemin de la maison d'arrêt de Riom.

(Légende : Le rassemblement des FTPF devant le cimetière de St Georges de Mons – le 13 Aout 1944)

Arrivés sur place, quatres maquisards et Jean Bac en tenue allemande se sont présentés à la porte de la prison

Légende : Plan des FTPF face à la prison

(Légende 2 : 3 FTPF déguisés en allemands et Jean BAC en agent de la Gestapo devant la porte de la Prison de Riom le 13 Aout 1944)

Ils y pénétrèrent et firent ouvrir chaque cellule, libérant ainsi les 114 prisonniers. Enfin, ils reprirent la route, direction le camp de Chambonnet (à Sauret-Besserve) pour fêter ce coup de main fort bien réussi, et sans une goutte de sang versée, qui restera qui dans les annales de la commune pendant longtemps encore

(Légende : Les libérés au camp du Chambonnet)

La commune de Saint-Georges-de-Mons est heureuse et fière d'avoir été le point de départ d'une épopée de la Résistance.

Cette histoire, cet épisode ne doit pas entrer dans l’oubli. Voilà pourquoi, le Maire avec un conseiller municipal, Franck CROISIER, membre du Souvenir Français, ont pris l’initiative de créer une commémoration sur la Commune de Saint-Georges-de-Mons

  1. Impliquer les associations et organisations d'anciens combattants

Une première réunion a eu lieu en Mairie de Saint-Georges-de-Mons le 10 Février 2021 avec le Maire, Franck Croisier conseiller municipal, les anciens combattants de la Commune et M. Troccaz du Souvenir Français pour évoquer ce projet. Plusieurs contacts ont été pris avec les associations combattants comme le CODURA, les Cadets de la résistance, la FNDIRP, Souvenir de Lespinasse, l UNC, la FNACA et toutes nous ont témoigné de leur soutien dans ce projet de nouvelle commémoration. Il est important d'impliquer nos anciens combattants au passé chargé d'histoire mais aussi d'impliquer nos jeunes dans la vie de leur commune.

2 - Assurer le devoir de mémoire

Pourquoi est-il essentiel d'entretenir le devoir de mémoire ?

C'est une obligation morale. Il faut agir pour que des événements tragiques, sanglants ou douloureux ne se reproduisent pas. Les garder présents à l'esprit de tous contribue à les éviter.

Ce travail de mémoire participe aussi à la cohésion de notre société, pour que les jeunes et les moins jeunes se sentent pleinement appartenir à la Nation, à une Histoire commune. Commémorations, transmission orale…

Dans le cas présent, il était important que les jeunes des Combrailles et de la commune aient connaissance de cet épisode héroïque de la Résistance.

-          Création du Conseil Municipal des Jeunes (CMJ) en Mai 2020. Composé de 7 jeunes élus de 11 à 13 ans, présents à toutes les commémorations de la Commune et impliquer dans cette commémoration. Une présentation de cet épisode a été faite en début de mandat pour les sensibiliser.

-          Implication des jeunes de CM1 CM2 de l'école élémentaire de Saint-Georges-de-Mons pour chanter la Marseillaise le jour de la commémoration du 13 août 2022.

-          Distribution du Livre de Jean BAC "Avec les Maquisards" retraçant cet épisode de la Résistance aux 49 élèves de 3ème du Collège des Ancizes le jeudi 13 Avril 2022 par le Maire de Saint-Georges-de-Mons, livres offerts par la municipalité.

-          Création de groupes de travail avec ces mêmes élèves de 3ème avec leur professeur d'histoire M. FONTAINE la première semaine de Mai 2022, afin de préparer plusieurs interventions orales pour le 13 août 2022. Lecture de témoignages, de passages du livre de Jean BAC.

4 - Travail de recherches des familles de résistants, de ceux ayant participé directement ou indirectement à cette Libération. Recherche de familles de prisonniers ayant été libérés le matin du 13 août 1944

Fin 2020, un premier contact à été établit avec le Musée de la Résistance de Chamalieres, musée crée par Jean Bac en 1994, afin de trouver des familles de résistants de cet épisode du 1e aout 1944.

Mme. PERRAULD directrice du Musée nous montra de nombreuses archives et nous mis en relation avec M. Laurent GARCIA, petit-fils de Jean BAC, cela a été le point de départ d'un énorme de travail de recherche qui allez commencer.

En reprenant le Livre de Jean BAC, plusieurs noms de résistants sont donnés, des centaines de xoup de téléphone ont été donné pour retrouver petit à petit les familles de ces héros.

A ce jour, presque une trentaine de familles ont été retrouvé et seront présentes le jour de la commémoration du 13 août 2022.

4 - La commémoration du 13 aout 2022

La commémoration débutera à 10h30 place de la Résistance, devant l’ancienne épicerie d’Yvonne BOURDAROT avec le dévoilement d’une plaque commémorative avec l’écusson du « Souvenir Français », dévoilée par le petit-fils d’Yvonne BOURDAROT, Julian WICHMANN et le petit-fils de Jean BAC, Laurent GARCIA.

Prises de paroles par le Maire de Saint-Georges-de-Mons, par Mme. Le Maire de Sauret-Besserve (commune du hameau le Chambonnet où se trouvait le camp des résistants), ainsi que par les élèves de 3eme du collège des Ancizes.

Texte de la plaque commémorative qui sera fixée sur l’ancienne épicerie d’Yvonne BOURDAROT, aujourd’hui Boulangerie Pâtisserie WICHMANN :

Ensuite un défilé aura lieu de la place de la Résistance jusqu’au cimetière de Saint-Georges, lieu d’où les maquisards sont partis pour libérer les prisonniers de la Maison d’Arrêt de Riom.

Une fois arrivée au cimetière prise de parole par le Maire de Saint-Georges-de-Mons, par les élèves de 3eme puis par le Maire de Riom. Chant de la Marseillaise par les enfants des classes de CM1 CM2 de l'école élémentaire de Saint-Georges-de-Mons.

Témoignage de M. le Maire de Saint-Georges-de-Mons Julien PERRIN :

« Pour tout vous dire, j'ai pris connaissance de cet épisode que lorsque j’ai pris mes fonctions de Maire alors même que je suis enfant du pays de Saint-Georges ! Je suis né dans cette commune et je n’en avais jamais entendu parler jusque-là, ni à l’école, ni au collège, ni en dehors.

J’ai trouvé cette histoire incroyable, c'est l’un des événements les plus importants de la Résistance en Auvergne, un épisode historique ! Il fallait absolument rendre hommage à ces hommes et femmes qui ont pris tant de risques, ces fils du peuple, ces enfants de la Patrie qui ont été prêts à donner leur vie pour que vive la France, cette France qu’ils ne pouvaient concevoir privée de ses libertés et de son indépendance.

J’ai eu un énorme plaisir à effectuer ce travail de recherches, à retrouver les familles de ces héros, c’est notre histoire, et j’y suis profondément attaché. Les échanges téléphoniques ont été très émouvants, remplis d'émotions avec les familles. Nous allons vivre un grand moment lors de la commémoration du 13 août, qui restera gravé à jamais dans le cœur de ces familles, des jeunes, des organisations et de notre Commune.

Pour conclure, il est du rôle de chacun d’entre nous de transmettre en héritage aux jeunes générations, les épisodes qui ont marqué l’histoire de notre pays, la France, afin qu’ils ne partent pas dans l’oubli. Par la création de cette commémoration, par l’implication des jeunes dans cette initiative, la flamme du devoir de mémoire continue à bruler aujourd’hui et demain. Je sais maintenant que les jeunes des écoles de St Georges et du collège de notre secteur connaitront cette histoire, là transmettront eux-mêmes à leur enfant. Le devoir de mémoire est de témoigner et de garder vivace le souvenir d'événements vécus pour tirer les leçons du passé, des évènements tragiques ou héroïques comme celui du 13 Aout 1944.

Cette commémoration apportera aux jeunes générations un bel exemple à méditer et à suivre.

Alors entretenons la flamme du souvenir, jeunes et moins jeunes et saluons ensemble la mémoire des hommes et femmes de combat qui ont directement ou indirectement participé ou rendu possible la Libération de la Prison de Riom le 13 Aout 1944. »

Référence : « Avec les Maquisards » Ouvrage de Jean BAC, chef FTPF.

Informations :

-          C’est Philippe qui a coordonné la spectaculaire évasion de plusieurs dizaines de résistants le 13 août 1944 sous la direction du FTP Jean Bac (commandant Lenoir, de son vrai nom Jean Bac). C’est lui qui rejoignit Jean Bac en vélo à Saint-Georges-de-Mons le 9 août pour l’informer de l’arrestation d’un responsable des services de Renseignements FTP et l’alerter sur l’urgence à agir.

-          L'arrière-boutique d'Yvonne Bourdarot était située et existe encore aujourd'hui Place de la Résistance au cœur du centre bourg de Saint-Georges-de-Mons. D’ailleurs, l’épicerie d’Yvonne a laissé place à une Boulangerie Pâtisserie tenue par son fils Christian puis par son petit-fils, Julian Wichmann.

-          La place de la Résistance où se trouve l’ancienne arrière-boutique d’Yvonne Bourdarot, cette place a été inaugurée le 2 Juin 1980 pour rendre hommage aux résistants ayant participé à la Libération des 114 prisonniers.

-          L'avenue de la Libération par de la place de la Résistance jusqu’au cimetière, cette avenue a été inaugurée le 2 Juin 1980 là aussi pour rendre hommage à cet évènement historique.

-          Une plaque commémorative a été fixée sur le mur du cimetière le 18 Octobre 1992, point de départ du cortège de résistants vers la Maison d’Arrêt de Riom.

-          Création d'une commémoration en 2021, effectif réduit du au COVID

-          Lancement de la commémoration officielle le 13 août 2022 avec projets pédagogiques des élèves de 3eme et élus du Conseil Municipal des Jeunes, implication de toutes les organisations d'anciens combattants, des familles des héros de cet événement historique qui donne lieu à cette candidature.